Odon Jeunejean, un grand Salmien, nous a quittés !

(Odon et d'éminentes personnalités du groupement des macralles)

Mais par où commencer pour évoquer Odon?

Bien entendu, il y a son engagement au service de l’enseignement officiel et de son cher Athénée royal de Vielsalm-Manhay. 

Dans le mot de condoléances adressé à la famille et posté sur Facebook, la directrice, Mme Servais s’exprime notamment ainsi : « L'Athénée est orphelin. Odon Jeunejean était la mémoire de notre école, plus que cela un pilier...une force vive. Il va laisser un vide immense ! Son dévouement et son amour indéfectibles pour notre école nous étaient précieux. Nous lui serons éternellement reconnaissants. » Pendant sa retraite, Odon n’avait manqué aucune rentrée pour aider la direction à dresser les tableaux organisant les horaires.

Et puis, on pourrait aussi parler de son engagement dans le foot et les courses cyclistes. Non content d’être un fan du Standard, il a été pendant de longues années le secrétaire du club de foot de Vielsalm.

Odon s’est toujours impliqué dans la vie associative et politique locale. Il était la mémoire des misères et grandeurs de la politique salmienne, des campagnes électorales et des majorités qui s’en dégageaient, au fil de dizaines d’années d’engagement discret, mais efficace. Il était de toutes élections non pas comme candidat, mais comme un des organisateurs des campagnes électorales et comme juge des résultats électoraux. C’était un analyste fin et précis des votes et des verdicts des urnes.

Membre assidu du comité de l’Union Socialiste Communale, il n’était pas toujours le premier à prendre la parole, mais les quelques propos qu’il exprimait avec calme, pondération et bonhomie, retenaient l’attention des membres et avaient souvent valeur de sentence. 

Tout comme le groupement royal des Macralles du Val de Salm, l’Union Socialiste de Vielsalm perd un membre éminent et de valeur.

 

(Odon et son flytox propulseur de talc. On le sent sur le point de remettre son masque et s'attaquer à la proie repérée...)

Quant à son rôle au sein des macralles dont il sera abondamment question dans l’Annonce de Vielsalm, on peut dire qu’Odon a été pendant de longues années au four et au moulin, toujours présent et actif dans quelque manifestation que ce soit. 

Au sabbat des macralles, le 20 juillet, il avait le sens de la formule et son humour comme son excellente connaissance du wallon donnaient aux interventions des macralles une extraordinaire saveur. 

Nous en resterons là non sans évoquer un aspect du jardin secret d’Odon. Odon n’était pas encore né quand son père, le 15 janvier 45, a quitté la galerie des anciennes carrières de schiste, sur les hauteurs de Vielsalm, dans laquelle il s’abritait avec d’autres Salmiens, pour porter secours avec deux camarades à un jeune capitaine américain de la 75th Division... À son retour, il était tué par une balle allemande...

Cet événement majeur dans la vie d’Odon a toujours fait l’objet d’une quête. On se souvient de ses larmes lors d’une réception à l’hôtel de ville au cours de laquelle était reçu le fils (Tim Mc Kay) d’un capitaine-médecin américain présent à Rencheux en janvier 45. Odon espérait que cette rencontre allait lui permettre de retrouver la trace ou des descendants du capitaine américain au secours duquel s’était porté son papa. Recherches vaines, hélas… Mais, à présent, des retrouvailles à plusieurs peut-être… 

La messe des funérailles a eu lieu ce lundi. Ce n’est jamais de gaieté de cœur que l’on va à l’enterrement d’un ami. Mais il s’est dégagé des interventions de l’abbé Frédéric et des deux représentants des macralles, parsemées de bons mots et d’humour – ce qu’Odon aurait apprécié – une atmosphère pleine de sérénité et de reconnaissance envers l’homme et son engagement au service de la cité, du sport et du folklore. 

Amicales condoléances à Marina, sa complice de toujours, à ses enfants et à tous ses proches. 

Jacques Gennen et Jean Briol, 7 septembre 2020